Roger Federer : « La Suisse m’a manqué »

Roger Federer interview René Stauffer

Roger Federer arrive bientôt à la fin de 7 semaines de repos sans tournoi. Le Suisse a profité de cette pause pour accorder une interview à René Stauffer pour le Tages Anzeiger. Le champion parle notamment du temps qu’il passe en Suisse avec sa famille mais aussi de sa participation au tournoi de Bâle. Ci-dessous quelques extraits de cette interview…

Vous êtes au milieu de presque 2 mois de repos. Que faites-vous durant ce temps ?
Tout d’abord je récupère des tournois de Rotterdam, Dubai et Indian Wells. J’ai eu de courtes vacances, mais après déjà 9 jours j’ai recommencé à travailler. Je ne veux pas rester à rien faire pendant 3 semaines. Je suis en Suisse depuis un petit moment maintenant et je fais de l’entrainement physique, j’ai aussi recommencé à jouer au tennis.

Comment va votre dos qui vous a beaucoup embêté à Indian Wells, particulièrement dans votre 1/4 de finale contre Rafael Nadal ?
Je suis satisfait et je peux à nouveau tout faire. Mais ça a pris plus de temps que je ne le pensais. Je suis heureux de pouvoir de nouveau m’entrainer et jouer au tennis. A Indian Wells tout s’est enchainé très vite. Je n’avais pas pu récupérer suffisamment de mon match contre Wawrinka et contre un joueur comme Nadal vous ne pouvez pas gagner dans de telles conditions. Je ne sais pas à combien de % j’étais physiquement. Je voulais juste essayer. Le repos est venu au bon moment.

Cela fait longtemps que vous n’êtes pas resté aussi longtemps en Suisse. Appréciez-vous cela ?
Absolument. La Suisse m’a manqué l’année dernière. C’est super de pouvoir jouer dans la nature avec les jumelles et d’être là avec mes amis et ma famille et Lire la suite

Roger Federer : « C’était unique »

Après son succès sur Andy Murray, le Suisse Roger Federer commençait tout juste à réaliser qu’il venait de remporter son 17e tournoi du Grand Chelem et son 7e Wimbledon. Sans oublier la place de numéro un mondial qu’il reprend aussi.

Roger, ce titre est-il incomparable à tous les autres ?
Une victoire dans n’importe lequel des Grands Chelems, et plus particulièrement ici, est spéciale. On ne s’habitue jamais vraiment. Aujourd’hui c’était unique parce que je jouais contre Andy. Et aussi parce que nous avons pu finir le match sous le toit, ce qui n’était jamais arrivé je crois pour une finale.

Vous sentez-vous lié plus particulièrement à ce tournoi ?
D’une certaine façon, oui. Je me sens mieux ici, je ne sais pas pourquoi. Du coup, j’ai l’impression d’être supposé bien jouer. Et au fil des années, j’ai réussi une belle série, même si les deux dernières éditions avaient été décevantes évidemment. Cette année, dans les grands matches, j’ai décidé de prendre l’initiative et d’attendre un peu moins les erreurs adverses. C’est comme ça qu’il faut gagner Wimbledon et c’est ce que j’ai fait aujourd’hui.

Comment jugez-vous cette victoire parmi tous vos Grands Chelems ?
Honnêtement, je ne sais pas encore. J’ai tellement essayé d’être concentré sur le moment en lui-même que, quand c’est arrivé, j’étais juste heureux que tout soit fini et que la pression soit partie. C’est dû à la défaite difficile que j’ai eue l’année dernière. L’US Open également. C’était dur, des moments difficiles ces deux dernières années. Donc j’ai vraiment essayé de ne pas me voir tenir le trophée ou de réfléchir un peu trop. Il y avait tellement en jeu, que j’ai juste essayé de ne pas penser à la place de numéro un mondial, au septième ou au 17ème. Donc là, il va me falloir un peu plus de temps pour comprendre ce que j’ai réalisé aujourd’hui. C’est fou, comment c’est arrivé, dans ces circonstances. J’ai joué de manière dingue.

Ce titre et la place de numéro un ne sont pas apparus du jour au lendemain, à quel moment êtes-vous reparti dans cet esprit de conquête ?
Peut-être à Roland-Garros l’an dernier. J’étais très près contre Rafa en finale et j’ai très bien joué. Ici, contre Tsonga, et ensuite à l’US Open face à Djokovic, les choses ont mal tourné, mais je voulais continuer à y croire. Je voulais gagner des titres. Et puis Bâle m’a remis dans une spirale de victoires, suivi par Paris-Bercy et Londres. A partir de là, je savais que tout serait possible en 2012.

Avez-vous l’impression d’être meilleur qu’il y a 5 ans ?
J’espère. Mon dieu, je me suis tellement entraîné que je n’aimerais pas jouer plus mal qu’il y a cinq ans ! Je pense avoir vraiment fait un bon match lors de cette finale. Mais dans certains cas, on a une confiance tellement incroyable que les coups sortent. Aujourd’hui, j’ai plutôt géré. Mais je suis heureux d’avoir l’âge que j’ai maintenant. Je suis une personne différente de ce que j’étais à 25 ans. Je me sens plus équilibré et je ne voudrais pas changer quoi que ce soit.

Qu’est-ce qui est le plus dur, de conquérir la place de numéro un, d’y rester ou d’y revenir ?
Les trois. C’est dur d’y arriver, d’y rester et de la reprendre. Parfois, un grand chelem et un ou deux autres titres, ça suffit, parfois il faut plus. Mais tout cela ne se joue pas à grand-chose. Si j’avais remporté la balle de match contre Djokovic à l’US Open, on aurait été dans un mouchoir au moment de Rome je crois. C’était difficile, j’ai dû attendre pas mal de temps.

Un mot sur Andy ?
C’est dur. J’ai été à sa place aussi. Il a fait de supers choses, pour être honnête. Parce que je le vois chaque jour, comment il avance sur le circuit. Je crois profondément qu’il gagnera des Grands Chelems, et pas seulement un seul. Je lui souhaite vraiment le meilleur. C’est sincère. Il travaille extrêmement dur. Il est aussi professionnel que l’on peut l’être. Les choses n’ont juste pas tourné en sa faveur dans les finales, pour le moment. Mais, aujourd’hui, je suis sûr qu’il a avancé un peu plus vers un titre en Grand Chelem. Je crois vraiment et j’espère pour lui qu’il en gagnera un très bientôt.