A la découverte de Julia Goerges

A-la-decouverte-de-Julia-Goerges-interview-and-quotes

Goethe juge avisé l’homme qui sait profiter du moment. Julia Goerges conjugue l’épithète au féminin. Son hymne à la patience, elle le fredonne depuis ses 16 ans. Tout juste diplômée du lycée, cette jeune fille de deux agents d’assurance décide alors de mettre en pratique le désir nourri deux ans plus tôt : devenir joueuse professionnelle de tennis. En 2011, six ans plus tard, elle atteint son premier Graal, remporter le tournoi qu’elle regardait enfant, celui de Stuttgart. La suite s’annonce prometteuse mais la séduisante brune garde la tête sur les épaules.

« J’ai été éduquée comme ça, à faire les choses étape par étape. Je préfère progresser pas à pas, l’important c’est que mon jeu soit en place et s’améliore. J’ai besoin de maturité pour mieux jouer, et puis être au top trop tôt est pernicieux, tu te retrouves à devoir répondre à des sollicitations et des attentes difficiles à assumer« , nous explique la 18e joueuse mondiale. Depuis son entrée sur le circuit WTA en juillet 2005, la calme et discrète Julia opte pour le rythme progressif : 425e en 2006, 131e en 2007, 102e un an plus tard puis 78e et enfin 40e à l’orée d’une année 2011 pour l’instant estampillé grand cru. Demi-finaliste à Auckland, elle confirme à l’Open d’Australie, « mon tournoi préféré« . Elle y rend les armes au 3e tour contre Maria Sharapova au terme d’un combat épique. Et également révélateur: « Il y avait 10 000 spectateurs et le public était avec moi. C’était assez magique et là pour la première fois je me suis dit que tous les sacrifices valaient vraiment la peine.« 

Entrée dans le top 20, la demi-finaliste de Madrid savoure l’usufruit de l’investissement. « C’est un métier difficile car tu voyages beaucoup, tu n’es jamais chez toi, tu t’entraînes tous les jours. Mais quand je me retrouve sur le court Central ici au premier tour, j’en profite car je joue pour ça. Surtout que là, d’un seul coup mon jeu s’est mis en place depuis quelques semaines ». Absente à Rome puis Bruxelles pour cause de douleurs au dos, Julia ne fanfaronne pas: « J’ai gagné en constance mais tout peut vite à nouveau changer ». Les grandes annonces, très peu pour elle. « Je ne suis pas dans la position d’être une grande gueule et de clamer que je vais faire ci ou ça. Je ne fuis pas l’attention, mais je ne vais pas aller la provoquer non plus. »

Affable, la voix douce mais le ton déterminé, le sourire authentique et la politesse chevillée à ses grandes gambettes, l’Allemande profite de la présence de ses parents. La famille est chez elle une valeur cardinale. Comme la patience. « L’objectif immédiat est de rester dans le top 20. N’y être que quelques semaines n’aurait pas de sens, je dois m’y stabiliser avant de voir plus haut », nous explique-t-elle. « Les résultats arrivent souvent quand tu ne t’y attends pas. Plus tu y penses moins ça viendra« , poursuit la fille prodigue de Bad-Oldesloe, »une petite ville où rien n’a changé pour mes parents malgré mon succès. » Chez les Goerges, les pieds ne décollent jamais de terre. Même quand elle est battue.

Poster un commentaire (adresse e-mail non obligatoire)

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s